A Propos

Organigramme association 

Kamarahaaades !!!! Non, non, çà ne va pas. Plutôt ; Mes chers compagnons ! M’ouais ! Non çà le fait pas non plus. Nom de Dieu, il me faudrait quelque chose qui sonne mieux, quelque chose de plus confraternel, de plus professionnel. Bon sang si j’étais aidé au moins, mais tu penses.

Je me demande à quoi me sert un secrétaire à la va-comme-j’te pousse s’il n’est pas foutu de m’écrire deux paragraphes compréhensibles pour présenter l’association AIVOC. Çà lui ferait mal ! Çà faire le bellâtre au bal des pompiers ou vendre des calendriers avec sa bande de poivrots en couverture pour se faire payer l’apéro par les petites grands-mères, çà y sait faire ; ah oui, il a une bonne tête pour embobiner sa belle-mère je reconnais, on lui donnerais le Bon Dieu sans confession, mais je suis sûr qu’un fourbe sommeille chez ce mec . En attendant celui qui se retrouve avec tout le boulot sur les bras, c’est toujours le même ! Oui c’est moi Jérôme, non rien a changé.

Quant au vice-président il faut regarder sur l’organigramme pour savoir qu’il existe, il cause pas, il pense rien, j’ai l’impression qu’il s’en tamponne de tout, c’est pas de la discrétion ce mec c’est de l’ermitage; la capuche sur la tête , caler contre un pied à perf avec son smartphone il geek comme une bête et z’y vas , la vie est une longue effluve tranquille.

 Le président broie du noir, il a sa mine des mauvais jours, mal rasé, a demi avachi, il est sans doute un peu trop plein avec à la main un scotch un peu trop sec dans un verre un peu trop vide. Il fait peine à voir, il peine à boire , il peine à choir. L’atmosphère est lourde et glauque dans son bureau mal éclairé, la pluie glaciale frappe par rafales les vitres sales de ce réduit qui sent le renfermé et l’humidité. Seules les araignées tissant leur toile donnent un peu de vie dans ce décor suranné et austère. Sa femme lui fait la gueule depuis deux jours sans qu’il sache pourquoi, il vient de recevoir sa feuille d’impôts ; il n’en croit pas ses yeux, il hallucine, il y a erreur ou escroquerie ; les deux sans doute !  ! Tous des salauds !

 

Je pourrai peut-être demander à la trésorière de taper vite fait un petit texte, mais si je tombe sur un jour sans, çà va saigner. Rien que d’y penser, j’horripile. Je devine sous son sourire matutinal ses canines affûtées. Elle doit sentir ses proies c’est pas croyable . Ne jamais longer les murs ; c’est un signe de faiblesse. A force de vivre avec des greffiers elle devient prédatrice. Faudrait penser à lui mettre une gamelle de croquettes dans son bureau, et un arbre à chat, et une laisse aussi. En fait je crois qu’il faut la regarder droit dans les yeux, l’air désagréable ou bien lui jeter des seaux d’eau, oui c’est çà, lui jeter des seaux d’eau; froide . J’en parlerai aux copains. Il faut qu’on se défende, ceux qui se laissent faire, c’est foutu. Regarde l’ingénieur biomed, le pauvre gars est au plus mal, j’ai l’impression qu ‘il touche le fond et le pharmacien ; alors celui-là , il n’ira probablement pas jusqu’à la retraite . L’autre jour elle l’a mordu à la cheville ; c’est trop triste.

 

Le président doute. La nuit est maintenant tombée ajoutant à la noirceur la noirceur et le lugubre au lugubre. Derrière le croassement des corbeaux qui chantent Halloween, les chouettes hululent laissant cependant entendre le vent du nord gifler les arbres qui perdent leurs dernières feuilles. Le président est au plus mal. Une fenêtre entrebâillée claque, le froid en profite pour s’inviter, témoin pétrifiant du déclin psychologique du président. Seul à seul en conversation intimiste avec sa bouteille de Glenfiddich vide, le président son stylo à la main , cale sur sa feuille blanche, fébrile, nauséeux, impuissant, il se sent dépassé. Le power point est a rendre pour demain;

Je vais encore passer pour une bille, il est plus de trois heure du mat, je suis un looser.

Les gouttes de sueurs froides qui perlent le long de sa colonne vertébrale lui font l’effet des longues griffes acérées de la trésorière-chat qui lui lamine sauvagement le dos , avec accroché à ses lèvres incarnates un sourire sardonique .

 

 

Non, non, pitié, pas çà, pitié, pitié

hurle t’ il en se réveillant soudain, bondissant dans son lit, tout en nage et le souffle court.

Allons calme toi!

lui dit tendrement sa femme à l’oreille tout en l’enserrant de ses bras réconfortants

Tu as fait un bien vilain cauchemar mon gros minou.

 

 

Le président se racle la gorge discrètement.

 

Mesdames, Messieurs et surtout chers collègues.

 

C’est un immense honneur qui m’est offert à travers ce site internet, nouvellement créé par Guéna, de vous présenter notre association AIVOC.

Association des Infirmiers-anesthésistes Vannetais d’Origine Certifiée.

Née voilà déjà six ans et ayant eu successivement comme présidents Dominique Mauguen et Alice Lavogez, a qui je dois apporter ici tous les remerciements et l’estime que j’ai pour eux, tant ils ont su pérenniser ce fabuleux projet.

Aujourd’hui, j’ai la lourde, mais oh combien enthousiasmante tâche, de continuer

l’ œuvre entreprise avec un esprit de progrès , de créativité et d’efficience.

 

Je tenais également a témoigner toute ma reconnaissance à l’ensemble du staff avec lequel je travaille en étroite collaboration et dont je veux ici louer la disponibilité et l’efficacité.

Notre vice-président , Ludovic tout d’abord, qui par son abnégation et sa réserve est un rouage essentiel dans notre équipe tant il gère avec diligence et promptitude la mise en œuvre des objectifs que nous nous sommes fixés collégialement. Je sais qu’il dirige avec enthousiasme les différents groupe de travail. Il me seconde parfaitement par sa maîtrise des moyens de communications modernes sachant délimiter les interfaces productives à notre action.

Sans la pugnacité de notre secrétaire, Fabrice, je crois qu’il nous serait difficile de mener des débats constructifs. La sobriété de ses textes et son esprit de synthèse font de lui un membre éminent de notre équipe. Les nombreux échanges épistolaires que nous avons eus témoignent qu’il sait trouver les mots qui marquent et les idées novatrices qui s’imposent. Toujours ouvert au débat franc mais courtois, il mène son rôle dans la droite ligne des perspectives d’un travail souvent de longue haleine.

Il fallait au poste de gestionnaire, une femme de confiance et de droiture. Nous l’avons en la personne de Véronique. Sa patience et sa délicatesse naturelle l’imposent spontanément dans son rôle de comptable qui fait l’admiration de tous. Son engagement discret comme trésorière de l’association nous assure d’une rigueur mesurée dans l’exploitation des comptes au plus strict de l’exactitude voulue par le plan comptable. Malgré son caractère peu démonstratif, elle est en relation directe et harmonieuse avec les différents acteurs intermédiaires intervenant auprès de l’AIVOC. Je la remercie.

Enfin mes chers collègues, c’est vers vous que je me retourne pour vous dire toute ma gratitude pour l’esprit d’entreprise dont vous faites preuve et qui m’assure de votre implication sérieuse et spontanée.

 

 

Le président se regarde une dernière fois dans la glace de sa salle de bain. Il vient de finir de se raser en répétant son discours pour l’assemblée générale. Il est satisfait de sa prestation convaincante et se sent d’attaque. Il s’est fait une tête pour tourner une pub de gillette g6 ; sa peau hâlée luit sur ses muscles marmoréens et le cheveu est taillé court. Il donne l’image d’un homme d’action car c’est un homme d’action qu’on se le dise. Pas un pet de sueur sous les aisselles, il sent le Paco Rabannes à quinze mètres; les femmes se retourneront sur son passage ,c’est sûr.

 

Au revoir mon minou! lui lance joyeusement sa femme en partant au travail.

La famille Ricoré en forme a terminé son petit déjeuner sur la terrasse sans une miette de pain sur la table ; le soleil est déjà haut dans le ciel azuréen .

 

Au fait mon chéri, tu viens de recevoir ta feuille d’impôts.

 

Thierry